Accueil

 

 

SALUT

 

 

cliquez ici pour voir en grand

        Juste ce petit document, bien qu'étant mon cas personnel, que je dédie à tous ceux qui ont fréquenté STETTEN AKM, connu également comme étant la Petite Sibérie. Mais d'où nous avons tous, je crois de bons souvenirs. Je dis nous, en parlant de tous ceux que j'ai retrouvés.

REMERCIEMENTS   

        Je tiens également à remercier tous copains et les anciens de tous grades que j'ai retrouvés, et qui  m'ont facilité la tâche,  en acceptant que les photos qu'ils m'ont gentiment fait parvenir soient publiées sur ce site.

Amitiés   

Patrick

 

***************************

 

Mon Service National -Classe 68 / 2C

        .... J'avais 21 ans Je reçu donc l’ordre comme il était marqué, de rejoindre mon régiment en Allemagne à STETTEN A.K.M.* cette place était appelé la « Petite Sibérie. » J‘ai compris par la suite pourquoi ce bled était appelé ainsi. Le Deux novembre 1968, je partais du fort de Vincennes en camion militaire, ça y est j’étais troufion, bidasse....Classe 68/2 C.

Pour localiser Stetten AKM  reportez vous  aux  cartes et  plans dans le menu à gauche, STETTEN AKM  Géographie,  onglet : Localisation Stetten.

 

*  A.K.M. = Am Kalten Markt... le marché froid

 

        Entre temps, j’avais rencontré une jeune fille, prénommée Liliane elle devait avoir 1 an de plus que moi. Elle se leva très tôt, et m’accompagnât jusqu’au fort de Vincennes par le métro. Elle m’écrivit souvent, parfois même comme elle travaillait, elle m’envoyait de l’argent, 50 fcs ou me le glissait dans ma poche et vint me chercher chaque fois que je revenais en permission. Nous nous écrivions très régulièrement, Nous étions bons amis, elle était d’origine italienne, mince avec de très beaux et longs cheveux bruns tombants dans le bas des reins. Elle était sérieuse. Elle en voulait peut-être plus, disons autrement, qu’elle voulait peut-être une relation sérieuse, moi personnellement, je n’ai rien compris, elle ne m’a jamais dit qu’elle m’aimait, elle attendait peut-être que je lui dise, mais je n’ai jamais osé, et pourtant c’était le cas, je l’aimais j’étais très timide. Enfin par timidité je ne fis et ne lui dis rien pour lui faire comprendre ce que j'éprouvais pour elle. Nous étions les meilleurs amis du monde et ceci était le principal. Elle m'appelait  "mon PIOUPIOU" , c'était la mode d'appeler ainsi  les jeunes bidasses, Alors allons y pour "son PIOUPIOU".

        Nous partîmes par le train en Allemagne, un train spécial, nous étions jeunes et nous passâmes une nuit blanche a nous amuser, jouer aux cartes, rire, railler les filles etc. .... Quant à moi dans mon compartiment où nous étions huit, j’ai narré mon épopée scandinave. J’en avais emballé plus d’un, peut être avais-je volontairement enjolivé certains faits mais c‘était de notre âge. Nous avons chahuté, comme peuvent le faire des jeunes recrues. Oui nous étions bidasses depuis seulement quelques heures sous le contrôle de l’armée et ce depuis notre arrivée au fort de Vincennes. C’était la joie pour certains, un esprit de liberté pour d’autres, Certains qui se disaient intellectuels contestaient « cet enrôlement de force » et appuyés dans leur allégations par des loubards, des blousons noirs de la place de la Bastille. Pour eux c’était une perte de temps, comme si, de traîner toute la journée et une partie de la nuit à provoquer les honnêtes gens et à leur faire peur la nuit, ce n’était pas une perte de temps. Pour certains c’est tout juste s’ils n’avaient pas apporté avec eux leur chaîne de vélo. Eux n’avaient rien d’intellect, loin de là. Mais il fallait qu‘ils contestent, il en fallait pour tout le monde. Il y avait une sorte d’euphorie qui régnait dans ce compartiment du wagon. Nous n’étions qu’un faible échantillon du train, mais pris au hasard, et il devait certainement avoir la même chose dans les autres compartiments et dans tout le train. Nous arrivions à Strasbourg, tous étaient pour le mieux jusque là, mais passé en Allemagne, après le passage de la Frontière, le paysage dans tous les sens du terme changea..... La neige, les voies tortillardes, la lenteur du train, enfin tout commençait à être différent. Ceci sans compter sur le petit sergent qui nous fit ses recommandations quant à notre conduite. Sergent tout frais moulu de St Maix. (Saint MAIXAN école des sous officiers). Il fallait faire bien, il nous a dit par exemple, que nous n’étions pas des Ricains, ni des British, que nous n’étions pas une armée d’occupation en Allemagne mais que nous étions invités par le gouvernement allemand. Il fallait bien qu’il se fasse remarquer en disant quelque chose, que ce soit vrai ou non, il ne voulait pas que nous prenions ce voyage pour une colonie de vacances, le fait est que nous étions en Allemagne ( moi je l’avais voulu). Il nous mettait dans l’ambiance, il fallait faire contraste avec les troupes U.S. et Britanniques, que nous côtoierions plus tard, une sorte d’anti-discrimination militaire traînait quelque part dans son esprit. On nous avait dit que le service militaire était tranquille, en effet nous n’avons pas été malheureux. Nous arrivâmes à Offenburg, place militairement française, où un certain Jean-Philippe SMET plus connu sous le pseudo de Johnny HALLIDAY, avait effectué lui aussi son service militaire comme tout le monde. A cette gare nous attendîmes un bon moment, puis nous répartîmes en direction de Sigmaringen en Forêt noire, ou était le berceau des collabos en 44/45. et ce via Donaueschingen, où se trouvait l’hôpital militaire des Forces Françaises en Allemagne, (FFA). Et une forteresse, camp et régiment disciplinaire. Arrivés à Sigmaringen nous fûmes pris en charge dans des camions militaires qui nous menèrent jusqu’a notre régiment, à STETTEN à 20 Km de là environ.

>        Nous étions dans une caserne mixte, c’est à dire que le camp militaire avait été scindé en deux parties. D’un coté les troupes allemandes,Un régiment de Parachutistes et de l’autre côté les troupes françaises. Dans la partie allemande était basé un régiment de parachutistes, et  dans la partie française, donc où nous étions, c’était un régiment d’Artillerie le 32° RALD, (Régiment d'Artillerie Lourde Divisionnaire) Régiment possédant, le 32°RA des canons,  des AMX, des Obusiers automouvant de 155 et son  arme principale, des roquettes   américaines à  ogives  nucléaires de type Honest John. dont la portée était de 5O km environ.

 

 

                     cliquez ici pour voir en grand                           cliquez ici pour voir en grand

               Véhicule Rampe et sa Roquette H.J.               Obusier de 155 automouvant

        Nous prenions rapidement connaissance avec notre casernement où nous allions faire nos classes pendant 2 mois. Grande pièce ou chambrée qui contenait environ 30 lits, avec ceux qui étaient superposés. Une place était réservé au chef de chambre qui était un Appelé et Brigadier chef. Type très sympa, qui ne nous embêtait pas et qui ne voulait pas d’embêtement non plus. Il se faisait respecter et écouter par sa gentillesse, Il n’ordonnait rien, il demandait, et tout allait bien. A Midi, nous allâmes au réfectoire au mess, au pas cadencé. Alors là les plus anciens se foutèrent de nous en beauté, c’était un peu normal, tout le monde y est passé. C'était normal nous étions des bleus, et eux les anciens, cela a été le seul bizutage que nous ayons eu. Après le repas, qui soit dit en passant était correct, nous nous rendîmes à l’habillement, afin de percevoir notre paquetage, un gros barda, de 3Okg environ de vêtements chaussures (2 paires Rangers, plus une paire de chaussures de ville) Rangers en cuir toutes neuves (pour moi) qu’il fallait faire reluire et briller avec le cirage que l’on nous avait donné, plus Casque lourd et léger, enfin la tenue du parfait soldat tenue de ville et treillis, ceinturon, béret. Munis de tout cela nous retournions dans la chambrée afin de nous mettre en tenue militaire, et nous choisissions nos lits. Moi, je choisissais un lit supérieur, car en général on n’ennuyait pas ce qui couchait en haut, de peur qu’il n’y ai une chute. Pour ma part c’était la première fois que je couchais "en l’air." Soudain un petit bonhomme fît irruption dans la chambrée, et commença à gueuler, (comme tout militaire qui se respectait ayant le grade d’Adjudant),« ça va huffler » Très grande gueule, mais individuellement très sympa aussi et humain. Nous pouvions blaguer avec lui-même pendant le service. C’est lui que nous allions avoir pendant nos deux mois de classe, ainsi qu’un sergent chef. Lui c’était exactement pareil, et il n’aimait pas être dérangé pendant les cours d’instruction qu’il nous donnait, quand par hasard un Margis (maréchal des logis) entrait dans la salle d’instruction, il lui lançait « tiens voilà encore l’autre grande banane, qu’est-ce que tu as encore oublié ? T’as perdu quelque chose ?.... L’autre se tenait au garde à vous, et parfois ne savait plus quoi répondre. Voyant le sourire narquois de l’instructeur nous laissions échapper quelques rires et sourires cela rendait l’ambiance plus décontractée et plus « conviviale ». Par contre le premier jour, un margis, est entré dans la chambrée, et a demandé bêtement, si quelqu’un savait jouer d’un instrument de musique, (moi connaissant le truc je me tus.) mais il en faut toujours qui désignent des volontaires désignés, pour les corvées de chiottes ou autres saloperies de ce genre. Malgré tout je fus désigné, nous nous retrouvions à deux, mais cette fois ce n’était que pour balayer et ramasser les feuilles mortes dans notre allée. Ce fut là une de mes seules corvées que je dû effectuer pendant mon service. Il fallait que nos allées soient aussi propres que celles qui se trouvaient du côté allemand. Eux par contre avaient du personnel civil et du matériel pour faire ce genre de travail. Souvent les Allemands nous demandaient avec un petit sourire qui en disait long pourquoi était-ce à nous de faire ce genre de travail. Le 20 décembre les classes s’achevaient, avec toute cette série de maniement d’armes, manœuvres diverses et parfois quelconque. On nous avait même appris un chant militaire, c’était d’ailleurs un chant allemand, et nous devions le chanter quand nous défilions, ou que nous nous rendions au réfectoire, tout en marchant au pas, et en ordre serré. Un jour nous commencions juste d’entamer ce chant ‘très joli ) quand les paras allemands manœuvrant de leur côté, le chantaient. Nous nous sommes tus. C’était vraiment le jour et la nuit entre les deux .... Il fallait voir réellement ce que ce chant était quand il était bien et même merveilleusement chanté. Vraiment même si l’on faisait un effort, on était vraiment rien du tout et ridicules à côté d’eux. Donc en ce 20 décembre 68 nous nous vîmes tous attribué une permission pour Noël et le 1° de l’an. Nous avions tous droit à 15 jours de permission exceptionnelle à la fin de nos classes car pendant les dites classes nous n’avions pas le droit de sortir.

         Au retour de cette perm’  nous fûmes rassemblés et affectés à nos batteries et postes définitifs certains partirent en batterie de tir, d’autres les chauffeurs, à la FRAC, service qui concernait tous les véhicules motorisés, d’autres encore à la BSS ( batterie de soutient et de sécurité). Moi je fus affecté au 3° Groupe dans une batterie de Tir, la rampe de tir N° 2 de la 5° batterie. Ma batterie se composait, comme les autres d’ailleurs, d'un véhicule, d’une rampe de lancement et au point de vue hiérarchique, D’un Capitaine, pour la Batterie qui était le plus souvent en manœuvres au centre de tir, puis d’un lieutenant, un sergent(Un margis) ensuite un brigadier ou brigadier chef, puis les soldats 1° ou 2° classe (servant de rampe).Le rôle du lieutenant était de faire la liaison entre le Central de tir, le PCT (où se trouvait le capitaine) et la rampe. Le sergent et le brigadier chef ou brigadier qui était chef de rampe devait mettre en place le bouchon allumeur dans l’ogive de la roquette. Les soldats, (1° et 2°) classe était les servants ou canonniers. A cette rampe de tir, était adjoint un service d’anémomètre, composé de 5 personnes, dont un lieutenant, un sergent ou sergent chef. Leur rôle était de calculer la vitesse et la direction du vent, pour le lancement correct de la roquette. Quand je dis calculer, c’est façon de parler car c’est l’anémomètre qui leur donnait tous ses renseignements. Notre anémomètre, se présentait comme une petite remorque, avec un mât télescopique de 5 ou 10 mètres que l’on levait, avec au bout duquel se trouvait une petite hélice, qui une fois en l’air nous donnait, la direction et la force du vent et ses différents changements. Au PC. PCT, où se trouvait l’état-major composé de capitaines, lieutenants adjudant, sergent, et quelques érudits qui ayant passé leur bac et plus, se retrouvaient à faire des Maths avec les grosses légumes. Ce sont eux qui nous donnaient les coordonnées afin de les afficher sur la roquette. Coordonnées établies selon les renseignements fournis par l’anémo. et que l’on programmait ensuite. Le principe d’une telle batterie était le suivant et fonctionnait comme suit. Lorsque l’utilisation d’une telle rampe était nécessaire, toute cette armada, de véhicules et de matériel, était mis en place, et le tir était effectué. La roquette était livrée, par la BSS, puis fixée sur la rampe. C’est là que nos servants ou canonniers intervenaient dans un premier temps. En la fixant sur la rampe pour le transport de la roquette sur son lieu de tir. La rampe, et ce que l’on appelait rampe, était un camion a cabine décapotable, avec une sorte de grand plateau à vérins, sur lequel était adaptée une rampe de lancement. Cette rampe était composée de deux rails qui formaient une gorge, orientable dans tous les sens, en hauteur et en direction Chacun avait son rôle à jouer, et ce avec une grande précision. Surtout ne jamais anticiper un ordre même si l’on connaissait son travail parfaitement. Il arrivait parfois des accidents stupides à cause d’une anticipation d’ordre. Ou par empressement. On oubliait toujours quelque chose et cela est arrivé une fois à ma connaissance pendant mon service. Par exemple le cas précis dont j'ai entendu parler (mais impossible à vérifier de ma part,) et qui est le suivant :


        Avant de revenir à la vie civile, et a mon dégagement des obligations militaires, j’aimerais dire que, bien que n’étant pas militariste dans l’âme, Le service militaire et l’armée ne s’oublient pas, Il y avait des moments difficiles et parfois durs physiquement. Mais il avait de très bons moments également dans cette vie avec d’autres jeunes. Dans ces moments je n’oublierais jamais le moment des fêtes de fin d’année, Comme mon père n’était pas tellement « fêtes de fins d’année », alors je me suis arrangé pour passer les deux fêtes de fin d'année 1969 en Allemagne à l’armée. Et comme nous ne faisions rien de spécial à la maison alors j’ai pensé que cela ne serais pas plus mal. Bien m’en a pris. J’avais malgré tout pris une permission spéciale Noël pour avoir la paix. Je restais le soir de Noël à la caserne. J’avais demandé au capitaine l’autorisation de mettre un petit sapin dans la chambrée, autorisation accordée. Le soir même du réveillon, nous avons désigné plusieurs gars de la chambrée pour aller chercher les plateaux de Noël, comme cela avait été autorisé. C’était formidable, nous avons eut, boudin blanc, saumon et de la volaille...... Nous étions gâtés. Pour le premier de l’an c’était sensiblement pareil, mais avec la différence que là les gradés passaient la soirée avec nous. On ne parlait plus de grades, on se tutoyait tous, que ce soit le lieutenant, l’adjudant ou maréchaux des logis. Cela nous faisait tout drôle, et parfois on a eu du mal a s’y faire même que pour la durée d’une soirée. Ce soir là encore nous avons tous pris une bonne cuite. Il y eut même un ou deux maréchaux des logis qui n’ont pas tenu le coup et qui ont couché sur le lit de permissionnaires. C’était vraiment folklo, et bon-enfant. Le lendemain l’appel s’est fait sur le coup des 9h3o / 10Hoo. Mais ce ne fût qu’un simulacre d’appel. L’adjudant de Batterie demanda simplement au gars de permanence la liste des personnels seulement avec les mentions . Tout s’était toujours bien passé et terminé que ce soit Quille ou Père Cent. C’est tout ce que j’ai à dire sur mon service militaire, dont je garde un très bon souvenir, même si par moments cela a été un peu dur. Ce sont là des moments vraiment inoubliables.



**********************************

 -Dans un régiment similaire au mien également stationné en Allemagne, au cours de Manœuvres supervisées par un Etat majors français et observateurs étrangers il arriva qu’au moment du tir, les servants n’ont pas retiré les colliers de maintient de la roquette sur la rampe. Quand la mise à feu fût ordonnée la Roquette partit, accompagné de son véhicule rampe qui pèse malgré tout plusieurs tonnes. Alors dans ce cas, bonjour les félicitations. On n’a jamais su exactement d’où cela venait, si les servants avaient omis de retirer les colliers par erreur, ou si l’ordre de les retirer ne leur avait pas été donné. Le régiment et le personnel de cette rampe ont" été complimentés".

 

                                           La Roquette H.J.  - HONEST JOHN -     

   cliquez ici pour voir en grand      cliquez ici pour voir en grand    cliquez ici pour voir en grand        cliquez ici pour voir en grand

   A-  Assemblage         B- Livraison            C- Chargement       D- Position de Tir

 

 

 Expliquons brièvement ces différentes phases : 

A : La roquette était déposée sur sa remorque. Une fois installée, on lui fixait ses ailerons a l'aide d'une clé dynamométrique.

B : La roquette était livrée à  la rampe de tir. 

C : La roquette était installée sur la rampe avec à cette époque un "WRECKER" nom  familier du camion  de marque BERLIET destiné à cet effet.. La livraison  se faisait soit sur le pas de tir, ou à couvert. 

D : Sur le pas de tir et  positionnée pour le tir,  le Sergent ou moi- même, son  adjoint,  installions le bouchon allumeur (Opération très délicate) Sous la surveillance du lieutenant chef de la Rampe.

        En revanche notre batterie et en particulier notre rampe avons été les meilleurs des Régiments FFA dans la spécialité. Notre résultat dans ce genre d’exercice fut qu’à 50 km notre tir s’écrasa à 5 mètres de la cible, Pas si mal ...... Non ... ???. Nous avons eu des félicitations et une  permission supplémentaire. Comme il y avait des rivalités entre batteries, les autres gradés du  régiment, notre voisine la 6° batterie fut condamnée elle, à faire 8 jours de manœuvres et  d’entraînement supplémentaires. Au bout de 6 mois, j’obtins mes galons, de Brigadier. Et de ce fait je devins ainsi adjoint au chef de rampe et cela juste au moment des grandes manœuvres de mai-juin, les deuxièmes grandes manœuvres avaient lieux elles en septembre. C’est aux   manœuvres du  mois  de septembre que nous avons réussi notre exploit. Ces manœuvres se passaient à  Graffenwöhr, non  loin de Bayreuth. 

Maintenant parlons un peu de nos gradés

       Tout d’abord notre capitaine, le Capitaine COSTE, la quarantaine, Il avait été capitaine de l’équipe de France de Rugby, et bien connu dans son milieu et respecté partout. Il avait joué à Narbonne, la patrie des SPANGHERRO, homme très sympathique, il avait de la classe, de la tenue, un vrai père pour nous, si l’un d’entre nous avait un problème, il pouvait aller le voir et s’expliquer dans son bureau, même à l’improviste. Il vous recevait s’il n’était pas en réunion. Il aimait les homes de bonne volonté. Même si vous aviez un problème avec une nana en ville, ou un ennui de cœur, un problème quelconque ou personnel, il essayait de vous comprendre et en parlait. Il savait employer les termes qu’il fallait. C’était un vrai père. Ensuite plusieurs lieutenants. Le Lt. CLEE, d’origine vietnamienne, on l’avait surnommé Cassius, dur, strict mais correct et règle. Ensuite le Lt LEHIRE, lui c’était autre chose, la cinquantaine environ visage mince buriné et ridé, c’était un as du Billard, et quand il proposait à quelqu’un d’aller se taper une queue, c’était tout simplement une invitation à faire une partie de billard. Et pour finir le Lt. CHATEAU, lui c’était un Appelé qui avait rempilé 5 ans pour avoir son grade de Lieutenant. Il était assez jeune 28 / 30 ans environ, sérieux, intelligent, mais visiblement il était net qu’il aurait été mieux ailleurs qu’ici. Il nous donnait des cours de judo, et quand on n’appuyait pas assez une prise il nous le faisait remarquer car pour nous la différence de grade jouait son rôle malgré tout, on avait peur de lui faire mal et cela aussi il le sentait. En un an avec lui j’ai obtenu de judo, verte ou bleue, je ne me souviens plus exactement.

       Pour ce qui est des sous officiers subalternes, parlons un peut des margis (maréchaux des logis -les sergents-). Tout d’abord Un certain CARICLET , surnommé la « pintade » à cause de sa manière de marcher , de porter sa tête , et son nez en forme de bec de pintade. Il était gentil, il en « chiait » autant que nous, mais il était entêté. Ensuite, un margis chef, un ancien d’Algérie, il était né là-bas, le visage beaucoup de cicatrices, une armoire à glace, un homme de terrain, un baroudeur. Un peu sévère. Je passerais tout à l’heure à un autre margis ? mais avant connaissons un peu mieux notre adjudant de batterie, toujours en train de gueuler, il disait toujours « ça va Huffler » ou alors « becif, vite fait su’ l gaz » Il n’était pas méchant il voulait seulement se donner un genre et essayer de se faire remarquer par les supérieurs. Un autre margis, du nom de CARRIGNON, il était gentil trop gentil, et surtout manquait très nettement d’autorité, il était même un peu bébête, on le faisait tourner en bourrique le pauvre. Un jour je ne me souviens plus pourquoi exactement, mais nous avions été un peu vache avec lui, on lui faisait toujours retomber la faute sur lui, et il : avait été appelé dans le bureau du capitaine de notre faute. Le capitaine s’en est aperçu mais sans preuves tout en est resté là. Personne n’a été puni mais ce qui devait être dit à été dit. Maintenant passons à notre vedette, Le Margis GAESTELLE, 25 ans environ, il était sorti de St.Maix, devait avoir 2 ans d’armée, Il paraissait une très grande gueule à la fois con et borné, mais visiblement ceci n’était qu’une façade, car il était malgré tout sensible.. C’était le genre de mec qui, s’il décrétait que c’était mal, < c’était mal>, même si le capitaine était satisfait. Par exemple, au moment d’une revue casernement, il défaisait en partie un bord de lit et comme devant rester au Garde à Vous, de ce fait il était impossible de le refaire avant le passage de la revue. Un jour il piqua sa crise étant de semaine de permanence, ayant certainement un rendez vous et n’ayant pu avoir sa permission de 36 hoo. Il avait imaginé qu’un haut gradé allait venir et nous a donner l’ordre de refaire entièrement notre chambre. Cela voulait dire gratter le parquet, balayer, nettoyer, cirer faire reluire, refaire tous les paquetages au carré, refaire et nettoyer les armoires cirer les rangers etc. ..... Tout de fond en comble. Nous étions une dizaine dans la section, nous avons travaillé d’arrache pieds, et à 15hoo tout était fini. Mais ce margis n’y croyait pas. Il est venu inspecter, comme par hasard, il trouva à redire et voulu que l’on refasse tout à nouveau, lui n’ayant pas de permission, il n’y avait pas de raison que nous simples soldats en ayons. Alors un gars de la chambrée, un alsacien, surnommé « tête de chien » assez carré, lui dit que nous ne referions rien, et que si cela ne lui plaisait pas il n’avait qu’à le refaire lui-même et tout seul à son goût. Alors il se calma. Nous lui avons demandé nos permissions, mais cet< enfoiré>, les avait déchirées, n’imaginant pas cette éventualité. Il ne pu donc nous les redonner. C’était un comble. Il s’est senti vraiment gêné, et a fait des pieds et des mains pour nous faire obtenir nos permissions. Nous remplissions donc les imprimés, il était environ 16hoo, mais arrivés au poste de garde, on nous signala que les permissions devaient être signées par un Officier ( ce qui était effectif). Ce samedi, ils étaient tous plus ou moins partis ou absent. Une chance nous avons pu tomber sur notre capitaine, qui voyant cela était fort surpris, car nous les ayant déjà signées la veille. Nous lui avons expliqué ce qui s’était passé, et il nous les re-signa. Quant au maréchal des logis, il fut appelé le lundi, dans le bureau du capitaine pour qu’il justifie de cette exagération, et de cet abus de pouvoir. Il fut consigné une semaine de plus de permanence de semaine, le Margis s’est excusé vis à vis de nous, il s’est mis à pleurer, et pour se faire pardonner s’est engagé à ne plus nous en faire baver. Il avait peut être peur d’autres représailles, et que l’affaire crée un précédent Il s’était rendu compte qu’il avait poussé le bouchon trop loin.

***********

       Pour en revenir à nos activités, nous avions deux manœuvres dans l’année, une au mois de Mai et l’autre au mois de Septembre ou Octobre. Celle de Avril / Mai étai la plus terrible en ce qui concerne les conditions climatiques, nous effectuons ces manœuvres comme je l’ai mentionné dans la région der Bayreuth patrie de R. Wagner. Nous étions à quelques kilomètres de GRAFENWÖHR. Bois, pins, et sol sablonneux comme dans les Landes. Ceci aurait été plaisant si nous n’avions pas la neige. Nous avions de la neige d’octobre a Fin mai et quand je parle de neige, je parle de 70 cm à la caserne, le climat était plus que continental. J’ai compris pour quoi STETTEN était surnommée la Petite Sibérie les températures avoisinant –20 / -30 pendant 1 ou 2 mois. Ensuite nous avions moins froid –10 / -15° Je me souviens que pour une prise d’arme, pour la Ste Barbe ( patronne des pompiers et des Artilleurs). Nous sommes restés plantés là assez longtemps pour avoir de la neige presque jusqu’aux genoux. C’est à dire qu’en 2 heures il était tombé environ 40 cm de neige. Par ces temps là, le tir ou les marches étaient folkloriques. Quand nous effectuons une marche de nuit, à la boussole, nous avions malgré tout le plaisir au retour, d’avoir des gradés qui nous servaient du chocolat chaud dans les chambres. Certains camarades qui n’avaient pas suivi les consignes, avaient les bouts de pieds presque gelés, car ils n’avaient pas assez serré en général leurs ‘rangers’ . Ma classe fût la première à bénéficier de la réduction progressive, du service national. De 16 mois, nous passions à 15 mois. Incorporé en novembre 1968, j’étais donc libéré en janvier 1970 et suis resté sous le contrôle de l’armée jusqu’au 18 février 1970. ceci naturellement en tenant compte de la Permission libérable. Comme ce fût la coutume, nous arrosions le « Père 100 », nous avions, nous les gars de la 68. 2C, organisé un pot, à base de PUNCH. Tout le monde en a pris une. Le lieutenant, les margis, quand je dis tout le monde c’est tout me monde, sans exception) Presque personne de la Batterie n’était là à l’appel. Les gradés connaissaient, nous excusaient..... A l’appel de notre nom ..... « UNTEL »... ? un sergent, répondait malade etc. ... Tout ceci s’était bien terminé, Les Gradés nous couvraient, mais où ce fût pire ce fût pour la quille. Nous n’avions pas arrêté pendant 3 jours de faire la fiesta etc. .... En tout pendant mon service, en tout et pour tout, je n’ai monté que 2 Gardes, 1 comme bidasse, et l’autre comme Brigadier et chef de Poste en remplacement du Margis. C’était assez relaxe, le matin nous devions réveiller les différentes sections vers 6hoo, et réveiller le gars de permanence. Nous avions cette - la permanence- une fois par mois, et là nous étions avec les gradés, restions au bureau, et nous occupions de paperasse, du courrier, des permissions éventuellement tout passait par nos mains En tout et pour tout, je n’ai eu réellement qu’une corvée a faire pendant tout mon service. Le ramassage des poubelles. J’ai fait cette corvée, comme chef de bord, étant brigadier, avec un camion et un équipage de 5 hommes.  Un chauffeur et 4 hommes du rang. Nous devions effectuer le ramassage total des poubelles du camp et ensuite aller les vider dans une décharge. En général nous devions ramasser les poubelles de la cité des gradés sauf quand cela était formellement marqué sur la feuille de route. Mais bien qu’aucune mention de soit notée sur la feuille de route, nous ne devions ce jour là ne pas les faire, et nous n’avions pas été prévenus. Sur la feuille de route, était seulement mentionné, Ramassage complet des poubelles. Mais pour une fois et ce exceptionnellement nous ne devions pas faire les poubelles de la Cité des Gradés. Nous commencions par celle des gradés, et en tout nous avons terminé toutes les poubelles vers 15hoo. Le commandant s’est aperçu que nous avions fait les poubelles extérieures, et comme responsable du service et du matériel, vers 16hoo il me fût demandé une explication. J’en parlais au Capitaine COSTE, ou plus exactement, il me demanda ce qui s’était passé, et lui montra la feuille de route. Et il la mis les pieds dans le plat, au vu de la feuille de route qui prêtait à confusion. Il alla trouver le commandant. Il a fait un véritable scandale invoquant qu’il était tout à fait inconcevable de vouloir punir un bon soldat, qui non seulement faisait son travail, mais en plus qui en avait trop fait, à cause d’un manque d’explications et de directives sur une feuille de route. Il a fait ce qu'il fallait, vis à vis du Commandant. Puis tout ceci s’est bien terminé.

       D’autres choses encore, lorsque nous rentrions de manœuvres, nous faisions une halte de 2,3 jours dans une caserne américaine. Là j’y ai rencontré de nombreux G.I.’s ou Marines qui revenaient du Vietnam, ou qui y étaient en transit pour y aller. Cette base pour eux était une étape de repos. Nous y faisions du troc, ces américains étaient fous des bérets que nous portions, et pour eux c’était le summum, en référence aux GREEN BERETS les Bérets Verts qui chez eux étaient une troupe d’élite et les « simples G.I.’s » voulaient s’apparenter à ces hommes. Pour nous cela ne marchait pas trop mal Par exemple, une parka fourrée pure laine avec capuche, était facilement changé contre un béret. Dans cette armée américaine on trouvait beaucoup de soldats d’origine étrangère directe, mexicains, italiens etc. .... On pouvait facilement voir en parlant avec eux ou rien qu’en les regardant qu’ils étaient fatigués de cette guerre, et aussi surtout qu’ils avaient souffert. Mais parlons d’autres choses. Dans cette caserne, je n’ai mangé qu’une seule fois à la roulante, c’est le soir de notre arrivée. Mon capitaine m’avait pris comme interprète, et avec les autres officiers français je mangeais au mess des officiers américains. C’était vraiment formidable. Le fait que mon capitaine m’ai appelé comme interprète, était très certainement dû à ce que je lui faisais ses devoirs d’anglais. Et il devait avoir des bonnes notes. Parfois il me faisait venir dans son bureau, et me disait Tiens .. On a eu telle ou telle note, ou alors on a été mauvais, mais ceci toujours gentiment, il savait que je faisais toujours de mon mieux. Cette petite fonction et les résultats, devaient certainement me conférer cet honneur de manger avec les officiers. Il est arrivé que d’autres officiers arrivant après nous, et lui demandent comment il avait fait pour avoir tel ou tel plat sur commande. Alors on se regardait et se comprenait. Il esquissait un sourire à ses homologues, et disait on se débrouille comme on peut, les autres comprenaient en me voyant. Parfois j’intervenais à leur demande.

**********

       Quant aux permissions, j’en avais tous les week-end des permissions de 72 heures. Qui allaient du vendredi 18hoo et allaient jusqu’au lundi 06hoo. lors de ces permissions nous pouvions rentrer manger et dormir à la caserne si on le désirait. J’avais réussi à sympathiser avec les patrons des bars restaurants, et de la discothèque, car dans ce petit village il y avait tout de même 2 restaurants, un bar qui faisait discothèque le vendredi et samedi soir, et le dimanche de 14 à 17hoo. le soir la discothèque n’était pas ouverte. Pour ce qui est de ce dernier, l’approche n’était pas facile, au moins pour les français , car a cette époque il y avait encore un certain courrant à tendance néo-nazi, et en général on n’aimait pas tellement les français, et encore moins les militaires, et étaient vraiment considérés comme des occupants et envahisseurs. Dans les deux restaurants j’avais su me faire accepter, cela était sympa que ce soit de la part des patrons ou des serveuses. (Il le fallait bien pour leur commerce). Pour le bar discothèque ce fut plus difficile, Heureusement je parlais quelques mots d’allemand, et je savais jouer aux échecs. La glace fut rompue entre les deux patrons, (qui étaient frères jumeaux) et moi. Je faisais donc une partie d’échecs, et nous jouions une bière. De toutes les façons que ce soit le patron ou moi qui gagne, on se payait réciproquement un verre. Il m’avait visiblement accepté, c’était presque un exploit. Il m’a raconté » que dans un contingent précédent des français ivres avaient voulu tout saccager dans son établissement d’où sa méfiance à notre égard. Ils avaient sortis, son frère et lui, les deux français manu-militari si je puis dire. Ils avaient, -les patrons- un physique très impressionnant. Je prenais donc l’habitude de venir tous les week-end dans cet établissement. Dans ce bar, il y avait des machines à sous, j’y ai joué assez souvent. J’avais parfois beaucoup de chance, et le patron m’observais, pour voir si je ne trichais pas, car beaucoup trichaient en tapant sur la machine ou en la secouant. Je ne faisais rien de tout de cela. Une fois même j’ai gagné 900 DM, j’ai arrosé cela, avec les patrons, et j’avais mes entrées à la discothèque qu’ils dirigeaient. J’ai été présenté aux disc-jockeys qui se relayaient, et nous faisions des annonces, en allemand et en français. Pendant une période j’y ai même servi de D.J. c’était encore plus un exploit. Parfois il arrivait que des paras allemands un peu chauds et ivres cherchaient la bagarre, mais les patrons intervenaient, et tout rentrait dans l’ordre de gré ou de forces. Tout se calmait en s’expliquant calmement. Et les filles me direz vous.....? des filles à soldats peut-être, eh bien NON Je n’en n’ai pas connu dans ce genre. Elles se tenaient plutôt à l’écart des français. Mais étant accepté par les patrons, et cela était une référence surtout pour un français, je n’eus pas de problème. Les deux filles que j’ai connues là-bas étaient sérieuses, et nous avons sympathisé tout de suite. Nous parlions soit avec le peu de mots d’allemand que je connaissais ou plus simplement en Anglais ou en français. L’une était grande 1,7O m, mince, elle avait 18 ans cheveux mi-longs et châtains, elle était assez jolie. Elle ne parlait que l’Allemand et vraiment très peu l’Anglais. Je suis certain que l’on aurait pu aller plus loin car nous avions des sentiments l’un pour l’autre, mais nous n’avons pu que rester amis et encore, ses parents qui étaient pro-nazis, ne voulaient plus qu’elle sorte avec moi, même en Ami..... C'était une drôle de manière de voir les choses ..... L’autre se prénommait Monika, environ 1,68 m, légèrement enveloppée, était brune cheveux longs, yeux marron, et même avec ses petites rondeurs elle était merveilleusement jolie, et avait un beau corps, un joli visage que son sourire embellissait encore plus. Elle avait vraiment un très beau sourire, et une bouche formidable. Elle était toujours très souriante. Nous dansions toujours ensemble, et elle s’était attachée à moi et réciproquement. Elle voulait vivre avec moi, mais elle m’a dit qu’honnêtement cela la gênait un peu de venir habiter en France, bien qu’elle aurait toujours voulu. Je suis certain qu’elle aurait plu à mes parents nous nous aimions, Mais aussi, c’est le même problème, je n’avais pas de situation. Avant de quitter l’armée, je l’avais prévenue, et nous sommes écrit pendant 1 an et demi, puis subitement plus rien. Je n’ai jamais pu savoir ce qui était arrivé, (encore peut-être une histoire de parents, je n’ai jamais rien su.) Même en écrivant à des personnes à Stetten que je connaissais et qui nous connaissaient tous les deux. Enfin j’ai été déçu, et j’en ai même pleuré, je dois l’avouer. Je crois que cela a été ma première "peine de cœur" et cela m’a beaucoup marqué.

       Pour ce qui est toujours de nos activités, à l’armée nous avions pour ceux qui le voulaient différents cours. Moi personnellement j’avais choisi, physique et armement nucléaire, c’était intéressant, et j’ai oublié beaucoup de choses. Nous faisions  beaucoup de sport, ceci indépendamment du Parcours du Combattant, et du close-combat,  nous faisions du Ski, et aussi du football, option  que j'avais choisie, suite à la création de l'équipe par notre capitaine Nous nous y sommes tous mis, 

et après quelques entraînements, nous avons fait des petites parties, avec d’autres équipes ce n'étaient que des matchs amicaux mais intéressants. Cela faisait plaisir. J'ai fait également du judo, et de la self-défense avec notre lieutenant et aspirant.

                            Une fois nous avons eut le choix : Soit faire un stage commando a Neuf-brisach, ou alors faire 15 jours de garde d’honneur à Baden-Baden au Q.G. du Général MASSU, qui était le commandant en chef des FFA. Mon Capitaine ne m’a pas embêté ni avec l'un ni avec l'autre et je suis resté tranquillement à la caserne.

                             Malgré tout,  j’eus droit au Général MASSU. Alors que nous faisions, pour certains d’entre nous, un stage quadritube ( Stage DCA) à BAUMHOLDER . Nous avons eu la visite impromptue du Général Massu en  personne, qui venait voir comment cela se passait. A ce stage, nous devions avec  une batterie de 4 mitrailleuses jumelées et convergentes, montée sur un Half-Track, tirer sur une manche a air traînée dans le ciel par un petit  avion. On  m’avait dit de m’appliquer : C’est ce que j’ai fait, j'ait faillit descendre l’avion,...non.... j’ai  seulement coupé la remorque, qui reliait l’avion à la manche à  air, ceci à seulement 4 ou 5 mètres de l’avion. J’en  connais qui ont eu  chaud cette fois ci.

                            Le Général Massu arriva, il  n’a rien  dit et a constaté. Au moment où  nous  mettions au Garde à Vous, il  nous a lancé un Repos qui voulait en  dire long. Il  est venu vers nous, nous a serré la main a échangé quelques mot avec  chacun de nous, notamment comment cela allait, si l’on nous intéressait dans nos activités et stages et d’autres questions  personnelles, d’où nous venions etc. ..... C’était un  homme très direct, affable, au moins sous le jour où nous l’avions vu cette journée. Mais je pense  qu’il devait être toujours comme cela.

 

************

                        

Epilogue du temps militaire 

  

         Avant de revenir à la vie civile, et a mon  dégagement d’obligations militaires, j’aimerais dire que, bien que n’étant pas militariste dans l’âme, Le service militaire et l’armée ne s’oublient pas, Il y avait des moments difficiles  et parfois durs physiquement. Mais il avait de très bons moments également dans cette vie avec  d’autres jeunes.

Dans ces moments je n’oublierais jamais le moment des fêtes de fin d’année, Comme je l’ai dit mon  père n’était pas tellement  « fêtes de fins d’année », alors je me suis arrangé pour passer les deux fêtes en Allemagne a l’armée. Et comme nous ne faisions rien de spécial à la maison  alors j’ai pensé que cela ne serais pas plus mal. Bien m’en  a pris. J’avais malgré tout pris une permission  spéciale Noël pour avoir la paix. Je restais le soir de Noël à la caserne. J’avais demandé au capitaine l’autorisation   de mettre un petit sapin  dans la chambrée,  autorisation accordée. Le soir même du réveillon, nous avons désigné  plusieurs gars de la chambrée pour aller chercher les  plateaux de Noël, comme cela avait été autorisé. C’était formidable, nous avons eut, boudin blanc, saumon et de la volaille...... L’armée nous gâtais. Pour le premier de l’an c’était sensiblement pareil,  mais  avec  la différence que là les gradés passaient  la soirée avec  nous. On ne parlait plus de grades,  on  se tutoyait tous, que ce soit le lieutenant, l’adjudant ou maréchaux des logis. Cela nous faisait tout drôle,  et parfois on a eu  du mal a s’y  faire même que pour la durée d’une soirée. Ce soir là  encore nous avons tous pris une bonne cuite. Il y eut même un  ou deux maréchaux des logis qui  n’ont pas tenu le coup et  qui ont couché sur le lit de permissionnaire. C’était  vraiment folklo, et bon-enfant.

Le lendemain l’appel s’est fait sur le coup des 10Hoo. Mais ce ne fût qu’un  simulacre d’appel. L’adjudant de Batterie demanda  simplement au gars de permanence la liste des personnels seulement avec  les mention  <permission, ou présent>. Tout s’était toujours bien  passé et terminé que ce soit Quille ou Père Cent.

                           C’est tout ce que j’ai  à dire sur mon  service militaire, dont je garde  un très bon  souvenir, même si par moments cela a été un  peu  dur. Ce sont là  des moments vraiment inoubliables.

                                                                  §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

 

Vous êtes le 73948ème visiteur

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site